CINQUANTENAIRE DE CENTRAFRIQUE: MESSAGE DU PRESIDENT FRANCOIS BOZIZE

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Centrafricaines, Centrafricains, chers compatriotes
La marche de l’histoire de notre m’amène après les présidents Dacko, Bokassa, Dacko, Kolingba, Patassé à m’adresser à vous ce soir.

Cependant, avant que je ne continue de partager mon propos avec vous, je tiens à saluer en votre nom et au mien, toutes les personnalités étrangères, frères et amis qui ont accepté de vivre avec nous ces instants mémorables du 1er décembre 2010. je voudrais singulièrement traduire vos remerciements et les miens aux Chefs d’Etat qui ont pu distraire quelque temps de leurs calendriers chargés pour être avec nous à Bangui, poste français créé le 26 juin 1889 par Dolisie et devenue notre capitale. Je souhaite à toutes et à tous les chaleureuses bienvenues en République Centrafricaine et un bon séjour parmi nous.

Centrafricaines, Centrafricains, chers compatriotes,
Le territoire de l’Oubangui créé le 13 juin 1894 par un décret de l’ancienne puissance coloniale la France, et qui se verra adjoindre plus tard le Chari, traînait le 1er décembre 1959, la forme républicaine de l’Etat. Elle devenait République Centrafricaine. Rendre hommage à la justesse politique de la décision de consacrer le 1er décembre comme fête nationale est un devoir, car cette date marque de manière particulière la quête des Oubanguiens pour la liberté qui deviendra réalité le 13 août 1960. En effet, notre domination notamment étrangère quels qu’en soient les bienfaits, reste une domination, car l’aspiration à la liberté, à l’égalité c’est-à-dire à s’assumer et à assumer son destin sont des aspirations humaines imprescriptibles. La résistance naît et accompagne toute conquête jusqu’à la réalisation de ses droits par les colonisés parce que la domination comporte en elle-même une égalité, humiliation. Cette résistance a été celle notamment des populations de la Lobaye, de la Haute Kotto, de la Ouaka, de la Kémo, de la Haute-Sangha, de l’Ouham, de l’Ouham-Péndé, des noims qui resteront à jamais attachés comme ceux de Balebaké, Kouzou-itou, Goï-bina, Zaoulé et surtout celle de Karinou, chef de la guerre de Kongo-wara qui a embrasé tout le sud et l’ouest de l’Oubangui, mais encore le nord du Congo Brazzaville et le sud du Tchad. C’est aussi pour cette lutte pour la liberté et l’égalité que les Oubanguiens versèrent leur sang sur les champs de bataille, notamment de la deuxième guerre mondiale. Le lieutenant Kodoukou est ceux de nos compatriotes qui se sont illustrés dans ces batailles, notamment à Bir Hakeim en Libye. Mais c’est Barthélemy Boganda qui a cristallisé sa personne, notre aspiration à la souveraineté. C’est pourquoi ce 29 mars 1959 demeurera à jamais funeste, car le fondateur de cette République Centrafricaine disparaissait avec ses compagnons Kangala et Fayama. Cette disparition donna alors un cours assurément différent à l’histoire que Boganda aurait imprimée à notre pays. Le 1er décembre est donc l’emblème d’une nation qui se retrouve et se reconnaît une. Ce 1er décembre 2010, le 52ème anniversaire de la proclamation de la République est spéciale, puisqu‘en même temps que nous célébrons, nous commémorons le cinquantenaire et l’aboutissement de cette lutte pour la liberté qui est l’accession de notre pays à la souveraineté internationale le 13 août 1960.

Oui chers compatriotes, voici donc un demi-siècle nous sommes indépendants, souverains. Nous avons accédé à cette indépendance nourri et porté par des mots puissants légués par Barthélemy Boganda. Ces mots sont : Renaissance – Unité – Dignité – Travail. Notre patrie disposait effectivement des atouts de cette renaissance. Nous avons certes des atouts naturels, agricoles, forestiers, hydrographiques, miniers, touristiques, mais c’est connu. Mais tout n’est pas de posséder des potentialités mais il faut que ces richesses soient mises en valeur. Cette mise en valeur avait connu un début prometteur sous la colonisation bien des années après. L’Etat existait avec son outil, une administration qui administrait, c’est-à-dire  mettait en œuvre sans considération de politique politicienne, la mission d’intérêt général de l’Etat. Une infrastructure routière même de latérite qu’autorisait le désenclavement intérieur parce qu’elle était entretenue de manière régulière par les différentes subdivisions des travaux publics. Une desserte aérienne était possible et accessible aux citoyens de petites bourses. Une compagnie aérienne battait pavillon centrafricain puisque nous disposions d’une petite flotte. Une infrastructure scolaire et sanitaire, bien que insuffisantes, donnait des prestations honorables pendant un moment , petit indigène et fils d’expatriés se côtoyaient sans distinction d’origine sur les bancs en République Centrafricaine. L’agriculture autorisait de grands espoirs puisque notre terre peut produire de cultures variées. Elle peut nous nourrir sans que l’on ait à attendre l’aide alimentaire de l’extérieur. La terre centrafricaine autorisait et autorise des cultures de grands rapports comme le café, le coton, le poivre, le tabac, le sésame, l’oignon, le piment. L’élevage organisé et soigné était de qualité et a permis même déjà la fabrication du fromage centrafricain le Sarki qui n’avait rien à envier à ce qui venait de l’extérieur. D’ailleurs, l’autorité coloniale,  qui savait où trouver et préserver ses intérêts,  ne s’est pas trompée sur l’avenir de cette agriculture puisqu’elle avait parsemé notre territoire de centre agricole et d’élevage. Au demeurant, les centres de recherche de Boukoko et de la Maboké étaient de référence en Afrique, dans le monde, et le cahier de la Maboké faisait autorité. Un tissu industriel et commercial aussi bien dans la capitale qu’à l’intérieur de notre pays. Certes encore fragile, vivait et portait des germes de grands espoirs. Des immeubles comme ceux de l’UCATEX, de la Caisse Café, de la SOCADA, de la CIOT, de la Taillerie Nationale de Diamants, les euls à l’époque de l’Afrique francophone de la SODIAM et le SOFITEL, le Rock Hôtel, de grande plantation de café dans la Lobaye, la Mambéré Kadéi et la Basse Kotto,  des huileries attestaient de la vigueur de cette économie centrafricaine naissante est appelée à grandir. Nous avons aussi, le souvenir entre autres de la SNCT, de SHO, de HORCEN, de CICI, de BATA, d’ORFEO, de Colalu, de Moura&Gouveia. Notre patrie avait connu une période coloniale dure de traite, de travail forcé, d’humiliation inhérente à toute domination renaissait.  Elle renaissait non point contre le passé mais avec ce passé dont il lui fallait avec la puissance coloniale d’antan, la France trouvait la, phase sobre et asseoir l’avenir sur des intérêts réciproques, gage d’amitié entre les Etats qui se respectent.

Cependant, notre pays renaissait surtout parce que un des mots puissants du symbolisme qui est celui d’unité avait de la réalité. Cette unité qui peut donner de la chair à ceux de dignité et de travail. En effet, quelle dignité peut-on s’accorder ou accorder à l’autre quand la désunion peut apporter de trouble ou bien de la déconsidération, c’est-à-dire de l’indignité ? Comment travailler, donner de la plénitude de soi-même dans un contexte de désordre, d’insécurité du citoyen, d’insécurité pour le territoire, d’insécurité juridique ? Mes prédécesseurs, qui ont la charge suprême de conduire l’Etat en qui je rends hommage, ont, avec de fortunes diverses, préservés et parfois enrichir  l’héritage qui  leur a été tour à tour échu. Mais la somme de ces passés paraît comme une désillusion à la hauteur de ces atouts remarquables que nous avons hérités en 1960. Y a comme une marche en arrière de notre patrie. En effet, nous étions fiers de notre unité et nous l’avons perdu. La lutte politique noble par excellence et qui se fait par la parole et le dialogue a pris une tournure d’une violence telle que l’on s’étonne que l’on ait un moment appelé le pays de Suisse africaine, car les germes de la division ont porté des fruits. En effet, nous avons commencé sérieusement à nous distinguer non pas Centrafricain, mais surtout par nos ethnies et tribus, nous dont ces considérations nous étaient si étrangères. Porter cette distinction dans les affaires d’un Etat, dont la mission fondamentale est justement de rassembler ces distinctions pour en faire une, nationale était évidemment en appeler aux troubles. Nous avons alors pris alors des armes, non pas contre l’ennemi extérieur, mais contre nous-mêmes. Nous, qui nous étonnions de guerre interne ailleurs. Alors que nous en étions si fiers, nous avons perdu notre paix et notre stabilité. La République Centrafricaine rimait avec instabilité.

Nous avons détruit facilement ce qui est matériel, l’économique, le commercial, mais surtout nous avons entaché gravement et largement notre unité, notre dignité et notre capacité de travail. Nous avons aussi nui à la confiance en nous-mêmes et la confiance que l’extérieur nous accordait. C’est ainsi que la République Centrafricaine, si bien loti à la veille de l’indépendance et les années d’après  se retrouve si mal loti dans une Afrique Centrale et une Afrique qui avance. Cette situation nous interpelle, cela parce que nous sommes devenus à tous égards de plus en plus faibles déjà en temps normal la République Centrafricaine n’est qu’un tout petit pays, la superficie mise à part. outre les différentes rébellions internes qui aggravent cette faiblesse. Une autre lutte étrangère opère sur la terre de nos ancêtres. La lutte contre cette rébellion conduite par la LRA, est une cause qui dépasse et de fort loin nos querelles intestines puisqu’elle est un danger grave pour notre souveraineté nationale.

Centrafricaines, Centrafricains, chers compatriotes
La marche d’un pays n’a jamais été une route plane ascendante. Celle-ci peut être parsemée de difficultés pénibles voire dramatiques. Il revient alors à chaque peuple de trouver d’abord en lui-même les ressources nécessaires de vaincre ces obstacles quelles que soient la nature de ceux-ci. Nous avons fait bien tardivement, c’est-à-dire la quarantaine, notre crise d’adolescence. Il était normal que les convulsions de ces crises aient été si violentes. Elle était à la mesure de la raideur de nos certitudes, de nos muscles et de la profondeur du mal qui couvait et que nous n’avons ou évacuer à l’âge normal de l’adolescence. Maintenant nous savons, nous connaissons la nature de ces maux qui ont été les causes de ces crises qui nous ont blessés, meurtris physiquement et moralement. C’est pourquoi, ensemble, nous nous sommes levés pour dire que la République Centrafricaine doit vivre debout, unie et digne. Nous ne nous sommes pas trompés de combat car un pays divisé est une proie. D’autant proie facile, la République Centrafricaine si grande par son territoire, mais sous peuplé mais qui dispose des potentialités avérées puis dans une zone névralgique. Elle peut faire l’objet de grande convoitise. Nous nous sommes levés, c’est le sens du 15 mars 2003 et les mesures conséquentes comme le Conseil National de Transition, dialogue national, la Constitution du 27 décembre 2004, dialogue politique inclusif, les différents accords avec les rébellions  menés par des compatriotes, la réforme du secteur de sécurité, les programmes de démobilisation, du désarmement et de la réintégration. Toutes ces mesures ont un seul but fondamental que les Centrafricaines et les Centrafricains retrouvent comme tel d’abord et avant tout que l’unité de notre patrie, un moment ébranlé, se reconstitue solide. Cette unité se battit le jour au jour dans un pays où l’identité nationale doit aussi se renforcer au jour le jour. La mission alors de l’Etat, l’exemplarité de ces dirigeants à quelque niveau que ce soit, est à cet égard déterminant. En effet, il ne peut et en principe il ne doit pas avoir de coupure entre les valeurs et la nation Unité – Dignité – Travail et égalité rassembleur que l’Etat demande d’enseigner principalement d’enseigner à l’école, leur application par l’Etat et ses dirigeants. C’est de cette manière, que la conscience nationale s’éveillera et se raffermira dans la jeunesse qui est le fondement et la préservation de l’avenir de notre patrie. Nous devons par ailleurs aussi prendre la mesure et nous rassurer que les valeurs saines de nos diversités sont normales, sont une immense culturelle et un facteur de cohésion comme l’école. Cette unité retrouvée confortera la confiance en nous  et libérera nos intelligences et capacités dans un pays rendu stable de paix, de sécurité du citoyen et de sécurité juridique. Cette confiance en nous renforcera alors la confiance avec les partenaires extérieurs, publics ou privés, traditionnels ou non avec lesquels nous avons jeté les fondements de la renaissance de la République Centrafricaine. En effet, c’est cette confiance, qui après avoir permis de renouer avec ses partenaires, nous a permis d’atteindre le point d’achèvement de l’IPPTE. C’est cette confiance qui nous a permis de recommencer à bâtir un Etat et son administration, à reconstruire les forces de défense et de sécurité, désenclaver par la route et les airs notre pays, à honorer les charges régaliennes, à construire et à réhabiliter les infrastructures  sanitaires et scolaires, relancer l’agriculture et l’élevage et un programme d’habitat, reformer le secteur minier et forestier notamment. C’est cette confiance revenue que j’ai transmise à nos partenaires présents et futurs lors de la réunion consacrée à la République Centrafricaine à New  York en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. C’est celle-ci que j’ai traduite avec force au MEDEF, à Paris ou des nouveaux dires, aux entreprises françaises qu’elles ont toujours leur place en République Centrafricaine. Nous n’avons pas la langue française pour seulement le parlé. Une langue naît, vit et meurt aussi. Elle doit se nourrir, prendre de la vigueur et vivre longtemps. La nourriture de cette langue est une économie solide, et la République Centrafricaine est partie prenante dans la Constitution avec les entreprises françaises de cette économie solide. C’est cette économie régulière, qui, en payant ses droits et taxes, permettra à l’Etat de trouver des solutions à long terme pour cette jeunesse centrafricaine nombreuse, avide de connaissance et inquiète pour son avenir. Cette jeunesse ainsi que ces femmes veulent s’assumer pour eux-mêmes mais surtout pour leur pays.

Centrafricaines, Centrafricains, chers compatriotes,
La République Centrafricaine, souveraine depuis cinquante ans, allait de l’avant comme les autres pays de l’Afrique Centrale et elle a reculé. Elle a construit des piliers pour son devenir, elle a détruit certains de ces piliers. Mais gardons-nous du pessimisme compréhensible à l’échelle d’un homme dont la vie est brève, car cinquante ans ne sont qu’un infime point dans la marche d’une nation. Et je me répète, l’histoire d’un pays  n’emprunte jamais une route plane, ascendante bordée d’ombres, de fruits et de clair ruisseau chantant, car malgré les épreuves vécues, les atouts de notre patrie demeure. Une nature abondante, pourvue en ressource hydrographique, un sol et sous-sol riches et propices à l’agriculture et à la pêche et bien d’autres activités encore. Une flore et une faune aux richesses exceptionnelles. Mais surtout même si elle est moins dense qu’ailleurs, nous avons une population jeune. Nous disposons dans le civil et dans la tenue des Centrafricaines et des Centrafricains des valeurs, c’est la première des richesses. Il nous revient alors ensemble, de rechercher des voies et moyens pour que ces hommes et ces femmes puissent quelque soit leur niveau dans le public et dans le privé, donner le meilleur d’eux-mêmes dans la poursuite de la reconstruction de notre patrie. Ces voies et moyens sont d’abord un cadre de paix, sécurité physique, matérielle, et de manière plus générale, de sécurité juridique. C’est ce cadre général de paix, de stabilité, de sécurité, qui revient qu’ensemble nous allons à travers les élections générales prochaines préservées. La citoyenne et le citoyen seront appelés aux urnes pour choisir son président et son député. C’est un acte de souveraineté absolu qui lui appartient. La lutte politique, c’est-à-dire nos divergences sur la manière de gérer doit savoir s’arrêter sur l’essentiel la patrie et sa survie. La survie de cette patrie, cette République Centrafricaine dépend de notre unité et permettra par notre travail ardu qui est organisé de faire recouvrir notre dignité.

Centrafricaines, Centrafricains, que le message visionnaire que Boganda nous nous a légué il y a cinquante ans. Nous avons commis des errements tragiques parfois, mais nous nous sommes ressaisis. Alors, maintenons le cap de la reconstruction, de la renaissance de la République Centrafricaine pour que ces autres mots de Boganda loger – nourrir – vêtir – soigner – instruire deviennent réalité pour le grand nombre possible de Centrafricains et  Centrafricaines. Rassemblons nos énergies intellectuelles, physiques pour protéger la terre de nos ancêtres. Rassemblons nos énergies physiques et intellectuelles  pour continuer la reconstruction de notre République Centrafricaine. Cet appel s’adresse également à toutes les femmes et les hommes qui ont fait le pari d’investir dans mon pays ou d’y vivre. Entourés alors par nous tous, cette République Centrafricaine unie retrouvera par notre travail ardu et organisé sa dignité. Joyeux cinquantenaire, bonne fête à toutes et à tous, vive la République.

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